Le cycle de Salomon en Chroniques fait ressortir clairement une réécriture originale de la figure du constructeur du temple. Loin d’être une simple reprise de sa Source, 2Ch 1-9 offre un commentaire actualisé de cette figure. La sagesse de gouverner n’est pas retenue par le chroniste. N’était-ce pas d’elle que venaient les ombres d’un règne en Rois ? En multipliant ses unions avec des femmes étrangères, Salomon s’était livré à la « folie » à la fin de son règne, car son cœur s’était détourné de YHWH (1R 11, 4). Dans Chroniques, les insistances sont tout autres. On ne peut évoquer les failles de celui qui a construit le temple et régné pendant quarante ans, apportant paix et prospérité dans son royaume. N’est-ce pas là les signes d’une bénédiction divine qui obéit à la théologie de la rétribution immédiate mise en lumière dans ce livre ? Contrairement à l’avis de Sara Japhet, dans sa thèse intitulée The ideology of the Book of Chronicles and its place in biblical thought, la sagesse de Salomon n’y est en rien diminuée. Elle atteint sa splendeur lors de la description du roi « choisi » pour construire le temple. Dès lors, Salomon s’identifie avec l’œuvre reçue de YHWH qu’il porte en son achèvement.
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